Régime micro-BNC : seuils, abattement et TVA en 2026

4 septembre 2026 11 min de lecture

Le régime micro-BNC permet d’exercer une activité libérale sous le régime de la micro-entreprise. Avant de l’adopter ou de le conserver, vérifiez ses seuils de chiffre d’affaires, son abattement fiscal et les règles de TVA applicables en 2026. Vous venez d’encaisser une facture de 2 000 € ? Ce guide vous aide ensuite à déterminer combien mettre de côté pour vos cotisations, votre impôt, vos dépenses et la CFE.

En 2026, le régime micro-BNC s’applique aux activités libérales dont les recettes hors taxes de l’année N-1 ou N-2 ne dépassent pas 83 600 €. Ce seuil est distinct de celui de la TVA et ne dispense pas de vérifier les règles particulières applicables à votre activité ou à une éventuelle activité mixte.

En 2026, un micro-entrepreneur exerçant une activité libérale non réglementée et ne relevant pas de la Cipav supporte un taux global de cotisations sociales de 25,6 % de ses recettes encaissées. La contribution à la formation professionnelle s’ajoute à ce taux. Votre situation fiscale, votre commune, votre régime de TVA et vos dépenses font ensuite varier le montant total à réserver.

Si vous cherchez un premier repère, mettre provisoirement 35 % de votre chiffre d’affaires hors taxes de côté peut constituer un point de départ prudent pour les cotisations, l’impôt et la CFE. Ce n’est cependant pas un taux universel. La bonne méthode consiste à séparer chaque provision et à la calculer à partir de votre situation réelle.

Régime micro-BNC : comprendre l’abattement de 34 %

Au régime micro-BNC, l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes pour calculer votre bénéfice imposable. Cela signifie que 66 % de vos recettes sont retenus pour l’impôt sur le revenu, sauf application du versement libératoire.

Cet abattement ne correspond pas :

Si vous encaissez 2 000 €, l’administration retient théoriquement 1 320 € de bénéfice imposable après l’abattement. Mais vos cotisations sociales restent calculées sur les 2 000 € encaissés. Vos dépenses réelles, quant à elles, sortent bien de votre trésorerie même si vous ne les déduisez pas fiscalement une par une.

Pour revoir la différence entre régime fiscal, statut et cotisations, consultez l’article Micro-BNC : c’est quoi exactement et en quoi est-ce différent de la micro-entreprise ?.

Première enveloppe : les cotisations sociales

En 2026, le taux de cotisations des auto-entrepreneurs relevant du régime général et déclarant des BNC est de 25,6 %. Pour les professions relevant de la Cipav, le taux indiqué par l’Urssaf est différent. L’Acre peut également réduire temporairement le taux sous certaines conditions.

Ajoutez la contribution à la formation professionnelle. Pour une activité libérale exercée sous le régime micro-social, elle représente 0,2 % du chiffre d’affaires.

Pour une profession libérale non réglementée hors Cipav, vous pouvez donc réserver 25,8 % de chaque encaissement hors taxes pour le bloc Urssaf :

Encaissement hors taxesCotisations à 25,6 %CFP à 0,2 %Réserve totale
1 000 €256 €2 €258 €
2 000 €512 €4 €516 €
3 000 €768 €6 €774 €

Ces exemples ne s’appliquent pas tels quels si vous relevez de la Cipav, bénéficiez de l’Acre, exercez dans un territoire soumis à des règles particulières ou cumulez plusieurs catégories d’activité. Vérifiez le taux affiché dans votre espace Urssaf plutôt que de recopier celui d’un autre indépendant.

Le moyen le plus simple d’éviter une mauvaise surprise consiste à transférer cette réserve dès l’encaissement, sans attendre la déclaration mensuelle ou trimestrielle.

Deuxième enveloppe : l’impôt sur le revenu

Le montant à mettre de côté dépend ici de votre option fiscale.

Si vous avez choisi le versement libératoire

Pour une activité relevant des BNC, le versement libératoire représente 2,2 % des recettes hors taxes. Il est réglé à l’Urssaf en même temps que les cotisations, si vous remplissez les conditions pour bénéficier de cette option.

Pour une profession libérale non réglementée hors Cipav, le bloc cotisations, contribution à la formation et versement libératoire atteint ainsi :

Sur un encaissement de 2 000 €, cette réserve représente 560 €.

Le versement libératoire n’est pas automatiquement plus avantageux. Son intérêt dépend notamment du revenu fiscal de votre foyer et de votre niveau d’imposition. Vérifiez votre éligibilité et comparez les deux options avant de modifier votre régime.

Si vous n’avez pas choisi le versement libératoire

Votre bénéfice micro-BNC rejoint les autres revenus de votre foyer et suit le barème progressif de l’impôt. L’administration applique l’abattement de 34 %, puis tient compte de votre situation familiale, de vos autres revenus et de vos éventuels crédits ou réductions d’impôt.

Dans ce cas, n’utilisez pas votre taux marginal d’imposition comme s’il s’appliquait à l’intégralité de vos recettes. Consultez plutôt l’échéancier réel dans « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr. Les revenus des indépendants donnent normalement lieu à des acomptes mensuels, prélevés le 15, ou trimestriels sur option.

Transformez le total annuel prévu en provision mensuelle. Si vos acomptes représentent 1 200 € sur l’année, réservez 100 € par mois. Si votre chiffre d’affaires évolue fortement, actualisez vos revenus estimés dans votre espace fiscal afin d’éviter un décalage trop important lors de la régularisation.

Troisième enveloppe : la CFE

La cotisation foncière des entreprises est souvent oubliée parce qu’elle ne suit pas chaque encaissement. Pourtant, un micro-entrepreneur peut la devoir même s’il travaille depuis son domicile ou directement chez ses clients.

La première année d’activité est exonérée. Le montant dépend ensuite notamment de la commune, de la base d’imposition et du chiffre d’affaires réalisé deux ans auparavant. Un entrepreneur sans local dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 € bénéficie de l’exonération de cotisation minimum.

Après réception de votre premier avis, divisez le montant annuel par douze. Pour une CFE de 480 €, mettez par exemple 40 € de côté chaque mois. Tant que vous ne connaissez pas son montant, créez une petite réserve dédiée au lieu de supposer que vous ne paierez rien.

Cette enveloppe doit rester séparée de la provision Urssaf : elle sera utilisée une fois par an, alors que vos cotisations suivent votre rythme de déclaration.

Quatrième enveloppe : la TVA, si vous la facturez

Le régime micro-BNC et la franchise en base de TVA sont deux mécanismes distincts. Vous pouvez rester au micro-BNC tout en devenant redevable de la TVA.

Lorsque vous facturez la TVA, la somme encaissée pour le compte de l’État n’est pas du chiffre d’affaires disponible. Placez-la immédiatement dans une enveloppe séparée. Vous reverserez la TVA collectée après déduction de la TVA récupérable selon votre régime et vos déclarations.

Par exemple, sur une facture de 1 200 € TTC comprenant 200 € de TVA, raisonnez sur une recette hors taxes de 1 000 € pour vos cotisations. Les 200 € de TVA restent isolés jusqu’à la déclaration. Ne les incluez ni dans votre rémunération ni dans votre réserve de sécurité.

Pour les prestations de services, la franchise en base de TVA dépend d’autres seuils : 37 500 € de chiffre d’affaires hors taxes pour l’année précédente et 41 250 € pour l’année en cours. Au-delà du seuil majoré, la TVA est due dès le jour du dépassement. La TVA et le plafond du micro-BNC ne se déclenchent donc pas selon les mêmes règles.

Cinquième enveloppe : vos dépenses professionnelles

Le micro-BNC ne permet pas de déduire vos dépenses réelles une par une pour calculer le bénéfice imposable. Cela ne rend pas vos logiciels, assurances, frais bancaires, déplacements ou achats de matériel gratuits.

Listez vos dépenses selon trois catégories :

Si vos charges professionnelles représentent 300 € par mois, cette somme doit être réservée avant de calculer votre rémunération. Comparez aussi régulièrement vos dépenses réelles avec l’abattement fiscal de 34 %. Si elles le dépassent durablement, cela ne provoque pas automatiquement un changement de régime, mais justifie une comparaison avec la déclaration contrôlée auprès d’un professionnel.

Un exemple complet avec 3 000 € encaissés

Prenons une activité libérale non réglementée hors Cipav, sans Acre, exonérée de TVA et ayant choisi le versement libératoire. L’entrepreneur encaisse 3 000 € hors taxes dans le mois. Sa CFE annuelle connue est de 480 € et ses dépenses professionnelles mensuelles atteignent 300 €.

DestinationCalculMontant réservé
Cotisations sociales3 000 € × 25,6 %768 €
Formation professionnelle3 000 € × 0,2 %6 €
Versement libératoire3 000 € × 2,2 %66 €
CFE480 € ÷ 1240 €
Dépenses professionnellesBudget mensuel300 €
Total réservé1 180 €
Reste avant réserve de sécurité et rémunération3 000 € − 1 180 €1 820 €

Ces 1 820 € ne sont pas automatiquement une rémunération à prélever immédiatement. Une partie peut devoir rester sur le compte pour absorber un mois plus faible, une facture client en retard ou une dépense imprévue.

Pour construire cette visibilité sur plusieurs mois, utilisez la méthode présentée dans Comment gérer sa trésorerie avec des revenus irréguliers ?.

Combien conserver comme réserve de sécurité ?

Les provisions servent à payer des charges identifiées. La réserve de sécurité répond à un autre besoin : absorber l’incertitude.

Commencez par calculer votre socle mensuel : dépenses professionnelles incompressibles, rémunération personnelle minimale et échéances déjà engagées. Fixez ensuite un objectif progressif, par exemple un mois de socle, puis deux ou trois mois selon l’irrégularité de votre activité et la concentration de votre portefeuille clients.

Ne cherchez pas à constituer immédiatement six mois de réserve si cela vous prive de toute rémunération. Définissez plutôt une règle régulière : après avoir alimenté les enveloppes obligatoires, affectez une part du solde à la réserve jusqu’à atteindre votre objectif.

La routine à appliquer à chaque encaissement

À chaque paiement client :

  1. identifiez le montant hors taxes et isolez la TVA éventuelle ;
  2. transférez la provision Urssaf correspondant à votre taux réel ;
  3. ajoutez le versement libératoire ou votre provision d’impôt ;
  4. alimentez chaque mois les enveloppes CFE et dépenses annuelles ;
  5. conservez le budget des dépenses professionnelles à venir ;
  6. renforcez votre réserve de sécurité ;
  7. calculez seulement ensuite ce que vous pouvez vous verser.

Vous pouvez gérer ces enveloppes dans un tableau ou avec plusieurs sous-comptes bancaires. L’outil importe moins que la règle : l’argent réservé ne doit plus être considéré comme disponible.

Le pourcentage à retenir

Il n’existe pas un pourcentage valable pour tous les micro-BNC. En 2026, une profession libérale non réglementée hors Cipav doit déjà prévoir 25,8 % de ses recettes hors taxes pour les cotisations et la formation professionnelle. Avec le versement libératoire, ce socle atteint 28 %.

Sans versement libératoire, ajoutez vos acomptes réels d’impôt. Prévoyez ensuite la CFE, vos dépenses professionnelles, la TVA éventuelle et votre réserve de sécurité.

Le repère de 35 % peut vous éviter de tout dépenser pendant que vous rassemblez vos chiffres, mais remplacez-le rapidement par vos cinq enveloppes réelles. C’est cette ventilation, et non un taux trouvé sur Internet, qui vous dira combien vous pouvez réellement vous verser.

Construisez votre tableau de pilotage

La formation Piloter sa trésorerie au micro-BNC vous guide pas à pas pour organiser ces provisions, prévoir vos encaissements et vos dépenses, puis déterminer une rémunération soutenable.

Découvrir la formation Piloter sa trésorerie au micro-BNC (47 €)

Les exemples de cet article sont pédagogiques et ne remplacent pas un conseil fiscal ou comptable adapté à votre foyer, votre activité et vos options.

Sources officielles

Thibaut Sehier

Thibaut Sehier

En savoir plus

Besoin d'un accompagnement ?

Vous souhaitez en savoir plus sur mes services ou discuter de votre projet ?